Bibliothèques d’Asie du Sud-Est

Le Blog d’une conservateur en disponibilité devenue pour un temps « travelling librarian »…

IFLA International Newspaper Conference 2008 septembre 8, 2008

Mieux vaut tard que jamais ! Voici donc la version « blog » (plus facile à lire !) d’un article paru dans le BBF t. 53, n°4, rubrique « Tour d’Horizon », écrit suite à la Conférence de l’IFLA sur les périodiques à laquelle j’ai assisté du 1er au 3 avril 2008, à Bibliothèque nationale de Singapour.

Organisée par l’IFLA (Section des Périodiques, Section Préservation et Conservation, Programme Préservation et Conservation-PAC) et la Bibliothèque nationale de Singapour, la conférence a principalement évoqué :

  • la conservation physique et numérique,
  • la numérisation,
  • le dépôt légal,
  • les droits d’auteur,
  • l’accès et des services aux usagers.

Numérisation

Bibliothèque nationale de Finlande

  • L’une des pionnières avec le lancement en 2001 de TIDEN – bibliothèque numérique des journaux anciens nordiques; à ce jour 165 titres finlandais (1771-1890).
  • groupe de travail  sur la conservation numérique à long terme

Bibliothèque Nationale d’Australie

  • Australian Newspaper Plan : Bibliothèque Nationale d’Australie + 8 bibliothèques régionales, lancé en 1992 (catalogage, conservation et microfilmage).
  • nouvelle impulsion début 2008: campagne « Wanted » auprès du grand public pour la collecte des titres et numéros absents des collections.
  • Programme national de numérisation : titres de journaux les plus importants de 1803 à 1954 en cours de numérisation.

Bibliothèque de l’Etat fédéral de Bavière

  • Catalogue collectif des périodiques allemands (ZDB) : lancé en 2003 pour tous les journaux bavarois d’avant 1945 (bibliothèques + archives)
  • numérisation des journaux bavarois anciens : 360000 pages numérisées.
  • accord en 2007 avec Google: pour la numérisation d’un million de documents (17ème – 19ème siècle), dont 25 titres de journaux d’importance nationale
  • partenaire du projet européen Impact :pour l’amélioration des performances de l’OCR, notamment sur la Fraktur allemande.

Projets de numérisation des journaux dans le monde germanophone :

  • Anno (AustriaN Newspapers Online) : 3 millions de pages de journaux anciens,
  • projet en cours de la Bibliothèque de Berlin pour les Journaux Officiels prussiens (1865-1900).

British Library

  • journaux anciens numérisés : depuis 2007, consultation de 48 titres 19ème siècle, soit 2 millions de pages est possible UNIQUEMENT sur place et depuis les établissements de l’enseignement supérieur.

Bibliothèque Nationale des Pays Bas

  • Numérisation d’une sélection de journaux hollandais de 1618 à 1995 (donc une partie sous droits), soit 8 millions de pages et un budget de 12,5 millions d’euros.

National Digital Newspaper Programme (NDNP, 2005-2009)

Fourniture de fichiers numériques par les éditeurs

Bibliothèque de l’Université du Zimbabwe

  • problèmes d’accès et de conservation
  • projet de réservoir national de périodiques:  en Open Acess, sous DSpace, avec 9 journaux principaux du pays,
  • les éditeurs fourniraient à la bibliothèque les fichiers cumulatifs, sans violation du droit d’auteur.

Bibliothèque Nationale de Singapour

  • accord avec le Straits Times (juillet 2007): pour la numérisation et l’océrisation des archives du journal de 1845 à 2006.
  • accès : sur place depuis les bibliothèques publiques de Singapour, par un portail de consultation de la presse, opérationnel fin 2008.
  • droits d’accès (articles sous droits) : gérés par le système (bibliothèque numérique sous Greenstone, avec droits d’accès renseignés par un fichier METS avec des balises MODS).; mise à jour quotidienne, prenant ainsi en compte la date mouvante pour les droits d’auteur.
  • dépôt légal du Straits Times entièrement de manière numérique (fichiers PDF).

Bibliothèque nationale de France : dépôt légal numérique des quotidiens régionaux

  • avantages : meilleure couverture des 400 éditions, meilleure conservation, réduction des coûts, renforcement du réseau des BDLI
  • contraintes : les fichiers déposés doivent être exactement similaires à la version imprimée, le format doit être pérenne, le volume de données numériques doit être estimé pour leur stockage et le dépôt doit être automatisé.
  • accord avec Ouest France en 2005 : numérisation à partir des microfilms (1899-2003), OCR (BnF et CRL Basse Normandie pour l’édition de Caen), achat des microfilms courants par la BnF, dépôt légal des fichiers numériques, archivage à long terme par la BnF, proposée comme « compensation » à l’éditeur, accès dans les salles de lecture de la BnF et les BDLI.
  • Le Populaire du Centre : dépose ses fichiers numériques depuis février 2007
  • La Dépêche du Midi : récent accord qui prévoit le dépôt légal des fichiers numériques
  • L’Union de Reims et La Montagne : tests n’ont pas abouti.
  • conservation à long terme :assurée par SPAR (Système de Préservation et d’Archivage Réparti), opérationnelle en 2009.
  • numérisation d’instruments de recherche (tables, index, bibliographies…) prévue.

L’importance des microfilms

Dans nombreux cas, ils sont :

  • le support de consultation sur place ou à distance,
  • le support de conservation,
  • le support de numérisation.

International Coalition on Newspapers (ICON)

  • Fondée en 1999 au sein du Center for Research Libraries (CRL)
  • préserver par le microfilmage
  • donner accès aux journaux du monde entier : catalogue (25000 notices provenant des bibliothèques participantes)
  • Southeast Asia Microform Project (SEAM) : mis en place en 1970 pour acquérir des microfilms des bibliothèques d’Asie du Sud-Est ou pour aider au financement le microfilmage de leurs titres (partenariats avec le Vietnam, l’Indonésie).

La question de la collecte et de l’archivage des journaux en ligne

Bibliothèque Nationale de Suède

  • archive les sites internet depuis 1997 (archivage complet des sites en .se),
  • collecte journalière des sites de périodiques en ligne depuis 2004 : pages web de 140 journaux suédois ont été collectées quotidiennement
  • difficulté de préserver la mise en page, le contexte, les images…
  • projetde remplacer la collecte automatique par une collecte sélective et thématique qui préserverait le contexte.

Conclusion

Du pain sur la planche…

  • rendre les journaux accessibles à une large échelle, y compris les documents sous copyright (collaboration avec les éditeurs)
  • assurer la pérennité de la conservation sur le long terme
  • mettre en place de standards pour les métadonnées
  • améliorer l’accès aux collections ni numérisées ni microfilmées
  • « and much more » comme diraient les Malaisiens!

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Evénements bibliothéconomiques en Malaisie et dans la région avril 28, 2008

A Kuala Lumpur, du 21 au 27 juillet : 16th International Congress on Archives: Archives, Governance and Development : Mapping Future Society.

Toujours à Kulala Lumpur, du 25 au 27 novembre : World Congress of Muslim Librarians and Information Scientists (COMLIS).

… presque de quoi se consoler que Kuala Lumpur n’ait pas été choisie pour accueillir l’IFLA en 2010 !

et aussi : encore à Kuala Lumpur, Asia-Pacific Conference on Children’s Book Publishing 2008, organisée du 1er au 3 juillet par MbBy,  section malaisienne de l’IBBY.

A Canberra, Australie, du 23 au 25 juillet : 5th AICCM Symposium(Australian Institute for the Conservation of Cultural Material) on Book, Paper and Photographic Materials.

A Singapour, la semaine prochaine : « Innovate to serve », la conférence annuelle de l’Association des bibliothécaires de Singapour (LAS).

 

Nouvelle BU à Singapour et Marketing des bibliothécaires

Filed under: bibliothèques à Singapour — boscaurelie @ 6:16

La Bibliothèque d’Art, Design et Media a ouvert il y a tout juste un an sur le campus de la deuxième plus grande université de Singapour, Nanyang Technological University, qui comptait 5 autres bibliothèques.

Elle a une architecture intérieure agréable : deux espaces clairement identifiés, l’un pour l’étude silencieuse, l’autre pour le travail individuel ou en groupe. Elle est aussi équipée d’un mini cinéma.

Bref, on a envie de s’y installer avec un livre d’art, voire d’y travailler !

Anecdote amusante (?) mais représentative de Singapour : un grand nombre de DVD, au nombre desquels « Le Bonheur » d’Agnès Varda, censuré par le Media Development Authority, est gardé sous clé dans le bureau des bibliothécaires et ne peut être regardé par les étudiants qu’avec l’autorisation de leur professeur- « Le bonheur » a été interdit aux mineurs à sa sortie en France en… 1965 (voir ici)! Quant à Picasso, il est relégué sur une étagère à côté du bureau de prêt, à côté d’autres livres pour lesquels les étudiants doivent demander une autorisation de prêt au bibliothécaire. Il paraît que Picasso pourrait choquer les jeunes de 16 ans (enfin la plupart des étudiants ont 18 ans!)… ou plutôt leurs parents ! – qui souhaiteraient bien pouvoir s’en tenir à Confucius pour l’éducation de leurs enfants !

Bon, en Malaisie c’est un peu la même chose : à chaque fois que j’achète TIME, je me demande où seront les coups de marker… ici un exemple (photo qui illustre un article) :

Revenons-en aux bibliothécaires. A Singapour, la tendance est à leur « marketing » ! Bientôt dans les boîtes aux lettres ! Enfin personnellement j’aime bien.

Dans un style différent, à la Bibliothèque Nationale de Singapour :

Qui a dit que la bibliothécaire était une dame à lunettes et chignon ? Apparemment cela n’existe plus qu’au Québec !

 

Visite aux Archives Nationales de Singapour avril 16, 2008

Filed under: archives,bibliothèques à Singapour,patrimoine — boscaurelie @ 6:55

Je souhaitais visiter les Archives nationales de Singapour depuis ma visite du Département des livres rares et précieux de la Bibliothèque Nationale (billet du 14 sept. 2007), qui leur sous-traite toutes les opérations de conservation. Si ma visite était donc plutôt axée sur les questions de conservation, j’ai tout de même fait un tour complet du bâtiment et des activités qui y sont menées.

L’institution a été fondée en 1968 et est responsable de la collecte, de la gestion et de la conservation des archives d’importance nationale et historique. Les plus anciens documents remontent à l’époque de S. Raffles, au début du 19ème siècle. Les Archives Nationales ont également pour mission de conserver les archives audio-visuelles et de collecter des témoignages oraux.

La salle d’enregistrement des témoignages oraux recrée une atmosphère familière, qui incite les personnes interrogées à parler! …

Les collections en chiffres (2006) :

  • 11 000 ml d’archives papier
  • 30 000 bobines de microfilms
  • 4,6 millions d’images
  • 16 000 heures d’histoire orale
  • 82 000 heures de documents audio-visuels.

Un autre aspect m’a intéressée : la création de documentaires, par les AN, sur les changements dans le paysage urbain de Singapour (et ils sont nombreux !). Ainsi la démolition de l’ancien Centre d’Art Dramatique a été entièrement documentée. L’urbanisme n’est pas le seul sujet ainsi traité : un reportage spécial des AN sur le premier Grand Prix de Formule 1 de Singapour est prévu en septembre !

Les ateliers de conservation sont modestes (rien à voir avec ceux de la BnF !) mais bien équipés.

On notera 2 chambres de fumigation, par lesquelles tous les documents entrant aux AN passent !

Les opérations couramment effectuées sont : réparations manuelles, nettoyage aqueux et désacidification, colmatage, doublage, encapsulation dans du mylar, reliure main.

Reliure

Machine à colmater, Après colmatage

Mixers à pâte à papier pour le colmatage

Tous les documents reçus sont microfilmés et scannés; ceux qui n’ont qu’une valeur informationnelle sont ensuite éliminés. Ils sont préparés avant numérisation : déreliés, repassés…

Intéressante également, la présentation du magasin de stockage situé sur un autre site, construit en 2005. Un toit végétalisé permet de faire baisser la température du magasin de 1°C, ce qui entraîne des économies d’énergie substancielles (environ 10 000 € sur 9 mois). Une peinture à nano-particules absorbe les rayons UV et présente une résistance accrue à l’eau et par conséquent au développement de moisissures.

NB : Le Directeur des Archives est l’initiateur du projet :  » Virtual Collection of Masterpieces« , projet de collaboration entre 28 musées d’Asie et 22 musées d’Europe pour un musée virtuel de chefs d’oeuvre de l’art asiatique. Déception toute personnelle qui n’enlève rien à la qualité du projet, le Musée National de Malaisie n’en fait pas partie ! Il n’aurait pas rendu sa copie à temps… Le projet est financé par l’Asia Europe Foundation, dans le cadre d’Asia-Europe Museum Network.

 

Collections patrimoniales de la Bibliothèque nationale de Singapour (Seconde partie) septembre 14, 2007

Filed under: bibliothèques à Singapour,patrimoine — boscaurelie @ 4:13

Les collections les plus précieuses sont dans la Réserve : 6000 ouvrages, dans des vitrines sous clé, chacun dans une pochette en papier neutre pour les livres et en mylar pour les cartes.

nbl-salle.jpg

nbl-boite.jpg La majorité date d’entre 1850 et 1945, et la plupart est issue des presses de Singapour : dictionnaires dans les diverses langues du sud-est asiatique, almanachs, journaux, publications scientifiques, récits de voyage, et classiques chinois traduits en langue peranakan (mélange de malais et de hokkien, langue parlée par les Chinois du Protectorat des Détroits).

Très peu d’ouvrages datent d’avant 1850, à quelques exceptions notables :

  • Richard Eden, The History of Travayle in the West and East Indis, and other countrys lying either way, towards the fruitfull and rich Moluccaes, Londres, 1577,
  • Nouveau Testament traduit en malais, Oxford, 1677, (photo) nbl-tesament.jpg
  • le premier volume du Journal de Logan, Singapour, 1847 (le premier journal « scientifique » imprimé à Singapour et concernant la région),
  • Hikayat Abdullah, 1849, autobiographie de Munsyi Abdullah, écrite en jawi (écriture arabe utilisée pour noter le malais) et reproduite par lithographie.

    nbl-hikayat.jpgCe livre est le premier livre imprimé (lithographié!) en malais utilisé par le gouvernement colonial dans les écoles malaises de Singapour. Traducteur et secrétaire de Sir Stamford Raffles, Munsyi Abdullah est un des pères de la littérature malaise moderne. Son autobiographie est un ouvrage critique sur les débuts de l’ère coloniale et sur les traditions sociales et culturelles des Malais. Munsyi Abdullah a également traduit en malais les Epîtres pour les missionnaires oeuvrant à Singapour.

nbl-etagere.jpg Les livres de la Réserve sont classés en Dewey et par format.

nbl-cartes.jpgLa collection de cartes est riche et s’est récemment accrue d’une carte de 1607 de Théodore de Bry de 1607 (autre carte sur la photo). Singapour, qui n’était alors qu’un village de pêcheurs, n’était pas toujours indiquée sur les cartes datant d’avant l’époque de Raffles…

Préservation et conservation

Au moment de l’installation des collections dans le nouveau bâtiment en 2005, la Bibliothèque nationale de Singapour a bénéficié des conseils et recommandations de Wendy Smith, spécialiste australienne des questions de conservation, récemment décédée.

La Bibliothèque n’ayant développé aucune expertise en la matière, la choix a été fait de sous-traiter les opérations de préservation et de conservation aux Archives nationales de Singapour, fortes d’une solide expérience. Seules les petites interventions sont réalisées en interne par la Bibliothèque nationale, dans les locaux techniques du site de Changi. Les bibliothécaires m’ont laissé entendre qu’ils avaient eu du mal à faire comprendre au service de conservation des Archives qu’ils ne souhaitaient pas rendre aux livres leur aspect d’origine ni les re-relier à l’identique … Cela m’a rappelé une conversation avec une relieuse des Archives nationales françaises !

Numérisation

Tous les livres de la Réserve sont numérisés ou en cours de numérisation. Ceux qui sont encore sous droits peuvent être consultés sur place. La bibliothèque numérique étant en cours de refonte, seuls certains documents numérisés sont disponibles en ligne, ainsi qu’une quarantaine de documents concernant Singapour conservés à l’Oriental and India Office de la British Library. A noter également, Singapore Infopedia propose des articles rédigés par les bibliothécaires, sur l’histoire de Singapour, avec bibliographie et images. Un des projets en cours concerne la numérisation des images de Singapour qui se trouvent dans des ouvrages récents, pour lesquelles la négociation des droits se fait au cas par cas…

 

Collections patrimoniales de la Bibliothèque nationale de Singapour (Première partie) septembre 13, 2007

Filed under: bibliothèques à Singapour,patrimoine — boscaurelie @ 12:09

Je n’ai pas tenu ma promesse de faire un compte-rendu en direct de la Conférence sur le Dublin Core, ni même en différé… Mais cela viendra !

En attendant, quelques mots sur les collections patrimoniales de la Bibliothèque nationale de Singapour. J’ai eu l’opportunité de visiter la Réserve précieuse et de pouvoir rencontrer une dizaine de personnes du service patrimoine – mais à vrai dire ce sont plutôt eux qui m’ont fait parler ! Ils étaient très intéressés par le patrimoine dans les bibliothèques françaises et ne pouvaient pas attendre la présentation que j’ai faite ensuite (30 personnes, BN de Singapour et quelques bibliothécaires de BU)… Quelques unes des questions qui m’ont été posées : Quel est le prix et la date du document le plus précieux de la bibliothèque d’Orléans ? (ma réponse les a laissés sans voix ! des fragments du 5e siècle !!!) Comment les documents de la Réserve sont-ils assurés (pièce à pièce) ? Les documents numérisés dans Gallica sont-ils moissonnables par protocole OAI-PHM ? (heureusement j’avais en tête cette présentation de F. Joannic Seta).

Un peu d’histoire…

La Bibliothèque nationale de Singapour est née en 1823 au sein de la « Singapore Institution », établissement d’enseignement secondaire crée par Sir Stamford Raffles, le fondateur de Singapour – la ville est rattachée en 1824 au Protectorat (britannique) des Détroits. En 1844, la bibliothèque devient une institution indépendante et en 1887, elle est intégrée au nouveau Musée de Singapour – et le restera jusqu’en 1960, date à laquelle un nouveau bâtiment est construit pour l’abriter.

La première mention d’une salle de consultation d’un fonds d’histoire de la Péninsule malaise remonte à 1936. En 1964, une salle du nouveau bâtiment est dédiée à l’Asie du Sud-Est, qui comprend les collections suivantes :

– Fonds Logan (1878) : documents sur les langues de la Péninsule malaise et de Mélanésie – Logan est l’éditeur du Journal of the Indian Archipelago,

– Fonds Rost (1897) : documents dans plus de 70 langues orientales, notamment les langues vernaculaires de la Péninsule malaise et de Java, et documents sur les sciences, la géographie et l’ethnologie de l’archipel malais,

– Fonds de la Royal Asiatic Society (1923) : documents sur la Péninsule malaise et ses langues,

Fonds Ya Yin Kwan ou « du Pavillon de l’Ombre du Palmier » (1964) : 10 000 livres et périodiques en anglais, mandarin et japonais sur la diaspora chinoise et ses répercussions en Asie du Sud-Est,

Fonds Gibson-Hill (1965) : 600 documents sur l’histoire, l’art, l’archéologie, la zoologie et l’ornithologie en Asie du Sud-Est (Gibson-Hill, ornithotologue et zoologiste, a été directeur du Musée).

nbl-raffles.jpgFonds Gibson-Hill (level 13)

En 1979, la Bibliothèque nationale de Singapour devient membre du Consortium des bibliothèques nationales et des centres de documentation d’Asie du Sud-Est, avec les bibliothèques nationales de Malaisie, Thaïlande, d’Indonésie, et des Philippines : leur objectif est de créer un réseau pour accéder aux publications de chaque pays membre.

Dans les années 1980, la bibliothèque s’efforce de combler les lacunes de ses collections en recherchant tout ce qui a été publié à Singapour au 19e et au début du 20e siècle. En effet, le dépôt légal ne date que de 1955 et beaucoup de livres avaient été éliminés pendant l’Occupation Japonaise (notamment des livres en chinois). En 1989, un bibliothécaire est envoyé à Paris et à Londres pour se procurer les microfilms des publications manquantes publiées à Singapour en chinois et en malais entre 1822 et 1966.

Les années 1990 voient le début du microfilmage de certains documents, tandis qu’en 1998, un Fonds Précieux est constitué, avec les documents les plus rares du fonds des Singaporeana. Le retard de catalogage est comblé, notamment avec le catalogage des publications en langues non romanisées (chinois et tamoul). Dans les années 2000, l’accent est mis sur la numérisation et sur la conservation préventive, tandis que les nouvelles acquisitions et la recherche active de donateurs potentiels se poursuivent. En 2005, le Fonds précieux se voit attribuer un étage (level 13) dans le nouveau bâtiment.

nlb2.jpg Collections sur Singapour et l’Asie du Sud-Est (level 11)

A noter, dans le Fonds des Donateurs (level 10):

Fonds Koh Seow Chuan : 2500 documents sur l’histoire sociale de Singapour au 19e et 20e siècle,

Fonds Tan Swie Yan : 6500 documents de la main et de la collection de l’artiste, emblème culturel de Singapour. Poète (Le Géant, 1978), sculpteur, calligraphe, philosophe, créateur de costumes de scène, Tan Swie Yan est le premier à avoir traduit en chinois A. Huxley, H. Michaux, J. Prévert, et S. Beckett. En 1978, il est fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, et depuis 1987, il est le premier et le seul représentant de l’Asie du Sud-Est membre correspondant de l’Académie des Beaux Arts de l’Institut de France. En 1995, il reçoit la Médaille d’or au Salon des Artistes Francais. On trouve ses tableaux à l’Elysée, à Matignon, au Ministère de la Culture, et à l’Institut de France… Sa biographie (Fang Gui Xiang, Tan Swie Hian, The Maestro) a été un des bestsellers asiatiques de l’année 2002.

Deux anecdotes : l’ouverture tardive et dominicale ne date pas d’hier à Singapour (la bibliothèque est ouverte tous les jours de 10h à 21h). En 1887, l’ouverture en nocturne est lancée, mais doit être suspendue suite à divers accidents dus aux lampes à kérosène. Et l’ouverture du dimanche est effective en 1935 ! mais elle sera interrompue par la Seconde Guerre Mondiale, et restaurée seulement (!) en 1991.


 

Tant qu’il y aura des livres à ranger dans les bibliothèques… avril 6, 2007

Filed under: bibliothèques à Singapour — boscaurelie @ 8:25

Vu à Singapour : des étiquettes de cotes qui facilitent le rangement des livres et le répérage des livres mal rangés. Comment, me direz-vous, dans des bibliothèques équipées en RFID, n’utilise-t-on pas le fameux assitant digital ?? Si, bien sûr, mais uniquement pour les inventaires annuels. Au quotidien, du personnel (dédié au rangement, pendant les 11 heures quotidiennes d’ouverture, 7 jours sur 7) comptabilise les livres consultés et remis dans des bacs prévus à cet effet, range les retours et reclasse les livres déclassés. Et ce grâce à des étiquettes de cotes lisibles (même avec 3 chiffres après le point de la Dewey!) par un code de couleurs. Un livre déclassé saute toute de suite aux yeux ! (désolée, je n’en ai pas trouvé !!)

colormarq.jpg

Remarquer au passage : l’icône avec l’avion, pour rendre la Dewey compréhensible aux non-bibliothécaires (vu aussi en Australie, on doit avoir cela en France, personnellement je n’aime pas du tout, d’autant plus que le classement des documentaires est facile à comprendre : 10 thèmes qui regroupent chacun un certain nombre de classes Dewey, le principe étant : »le même classement que dans une librairie »). Mais là où l’on se croirait vraiment dans une librarie, c’est en voyant le nombre titres différents de guides de voyage (ici le Canada, qui n’est pourtant pas à côté de Singapour !), et le nombre d’exemplaires, tous de la dernière édition ! La politique générale d’acquisition est de répondre aux demandes du public = achat des documentaires en 2 ou 3 exemplaires, et de la fiction en 3 à 4 exemplaires, voire 7 pour un tome de Stephen King ou 20 pour Harry Potter !!

king.jpg

(je précise que ces exemples sont pris dans une bibliothèque de quartier de 4000 m2).

Revenons aux étiquettes : il fallait y penser, donc ce n’est pas gratuit. Colormarq (la société qui a eu cette idée) vend le logiciel qui permet de les imprimer. Ce qui m’a semblé très peu pratique et qui fait très « livre de bibliothèque » : l’étiquette est très large (enfin cela dépend du nombre de chiffres après le point !) et une fois rabattue sur la couverture, elle masque souvent une partie du titre ou de l’auteur ou pire, des deux. Mais elle permet aussi de repérer facilement les livres de la NBL (réseau des bibliothèques publiques de Singapour), par exemple dans le métro : c’est fou le nombre de gens qui lisent des livres de la bibliothèque !