Bibliothèques d’Asie du Sud-Est

Le Blog d’une conservateur en disponibilité devenue pour un temps « travelling librarian »…

Le « code Matrix » avril 15, 2007

Filed under: TIC en Malaisie et Singapour — boscaurelie @ 1:25

Non, il ne s’agit pas d’un remake d’un fameux livre ou d’un fameux film ou des deux, mais de quelque chose de très sérieux, un code-barres à deux dimensions. Son intérêt ? Il peut contenir beaucoup plus de données qu’un code-barres normal. A quoi peut-il servir dans une bibliothèque ? Un exemple parmi d’autres : vous prenez en photo, avec votre téléphone portable, le code-barres à 2D situé sur une affiche à côté de la boîte de retour automatique à l’extérieur de la bibliothèque, où vous venez de rendre vos livres (vous veniez en effet de recevoir un SMS vous indiquant poliment que si les livres n’étaient pas rendus avant le lendemain, vous auriez 0,15 S$ d’amende par livre et par jour de retard). Vous avez maintenant accès, via leurs URL, aux programmes culturels de bibliothèque et dans les autres établissements culturels de Singapour. Voilà à quoi ressembe un code-barres 2D :

code-matrix.jpg

La bibliothèque nationale de Singapour a récemment mis en place un système similaire mais moins puissant, qui fonctionne avec téléchargement par infra-rouge ou Bluetooth (ici pour obtenir des informations sur l’exposition) :

bluetooth.jpg

Pour revenir au code-barres à 2D, ses applications sont multiples : il permet d’accéder à des ressources web ou multimédia, d’effectuer un paiement, de renvoyer des informations. Il est actuellement utilisé pour les passeports tunisiens, les visas américians, pour la billeterie, notamment celle des compagnies aériennes, et même comme support publicitaire pour des marques de hamburgers (je n’en citerais aucune) ! Une autre application est Semapedia, qui « relie le monde virtuel au monde physique, reliant un espace spécifique avec les informations disponibles sur internet » (en l’occurrence : Wikipedia), grâce à des « Tag-Semapedia, réels liens physiques (hyperliens) lisibles depuis les téléphones cellulaires munis de photo caméra ». Ainsi si vous allez au Palazzo di Città de Turin, vous trouverez un code à 2D : pris en photo avec votre portable, il vous donnera directement accès à l’article Wikipedia correspondant…

Une des idées de la bibliothèque de Singapour est d’utiliser le code à 2D pour délivrer de l’information à un public ciblé, pour obtenir dans un endroit donné l’avis des usagers (« feedback ») et ainsi tester et aider la mise en place de nouveaux services, pour consulter le catalogue (pour cela il y a d’autres solutions, déjà mises en pratique ailleurs). Mais il existe encore quelques obstacles techniques (problèmes de sécurité et manque de standards)…

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Tant qu’il y aura des livres à ranger dans les bibliothèques… avril 6, 2007

Filed under: bibliothèques à Singapour — boscaurelie @ 8:25

Vu à Singapour : des étiquettes de cotes qui facilitent le rangement des livres et le répérage des livres mal rangés. Comment, me direz-vous, dans des bibliothèques équipées en RFID, n’utilise-t-on pas le fameux assitant digital ?? Si, bien sûr, mais uniquement pour les inventaires annuels. Au quotidien, du personnel (dédié au rangement, pendant les 11 heures quotidiennes d’ouverture, 7 jours sur 7) comptabilise les livres consultés et remis dans des bacs prévus à cet effet, range les retours et reclasse les livres déclassés. Et ce grâce à des étiquettes de cotes lisibles (même avec 3 chiffres après le point de la Dewey!) par un code de couleurs. Un livre déclassé saute toute de suite aux yeux ! (désolée, je n’en ai pas trouvé !!)

colormarq.jpg

Remarquer au passage : l’icône avec l’avion, pour rendre la Dewey compréhensible aux non-bibliothécaires (vu aussi en Australie, on doit avoir cela en France, personnellement je n’aime pas du tout, d’autant plus que le classement des documentaires est facile à comprendre : 10 thèmes qui regroupent chacun un certain nombre de classes Dewey, le principe étant : »le même classement que dans une librairie »). Mais là où l’on se croirait vraiment dans une librarie, c’est en voyant le nombre titres différents de guides de voyage (ici le Canada, qui n’est pourtant pas à côté de Singapour !), et le nombre d’exemplaires, tous de la dernière édition ! La politique générale d’acquisition est de répondre aux demandes du public = achat des documentaires en 2 ou 3 exemplaires, et de la fiction en 3 à 4 exemplaires, voire 7 pour un tome de Stephen King ou 20 pour Harry Potter !!

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(je précise que ces exemples sont pris dans une bibliothèque de quartier de 4000 m2).

Revenons aux étiquettes : il fallait y penser, donc ce n’est pas gratuit. Colormarq (la société qui a eu cette idée) vend le logiciel qui permet de les imprimer. Ce qui m’a semblé très peu pratique et qui fait très « livre de bibliothèque » : l’étiquette est très large (enfin cela dépend du nombre de chiffres après le point !) et une fois rabattue sur la couverture, elle masque souvent une partie du titre ou de l’auteur ou pire, des deux. Mais elle permet aussi de repérer facilement les livres de la NBL (réseau des bibliothèques publiques de Singapour), par exemple dans le métro : c’est fou le nombre de gens qui lisent des livres de la bibliothèque !

 

Etonnants manuscrits avril 2, 2007

Filed under: patrimoine — boscaurelie @ 4:02

Me voilà de retour de Singapour, décidemment j’aime vraiment bien cette ville. Cette fois j’ai découvert quelques trésors manuscrits au Asian Civilisations Museum. Pour n’en citer que quelques uns… (dont la plupart sont d’ailleurs des prêts du Musée Tareq Rajab à Koweit City!) :

talismanic-shirt.jpg
veste talismanique en coton, portant tout le texte du Coran (Inde, 17ème s.)

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rouleau coranique contenant tout le Coran écrit à l’intérieur d’une seule prière en « dust script » (Turquie, 15ème siècle)

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Coran en lettres évidées (Iran, 20ème s.)

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rouleau coranique en lettres dorées et découpées (20ème s., Syrie)

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Kitab al-Shihab ou hadiths du Prophète (Espagne, Valence, daté de mars 1172)

et aussi des fragments d’un Coran du 9ème siècle, écrit sur parchemin bleu (mais là impossible de prendre une photo sans flash ! nb: tous les manuscrits sont éclairés avec des fibres optiques).

Les collections permanentes valent aussi le déplacement et sont très bien présentées. Enfin jusqu’au 15 avril, ne pas manquer l’exposition « Mystery Men » sur les masques de bronze trouvés en Chine (Sichuan) et datés du 12ème siècle av. JC !! Une partie des pièces avait été exposée en 2003, année de la Chine en France, à l’Hôtel de Ville de Paris (« Chine, l’énigme de l’homme de bronze).

NB : Le Centre de Conservation de Singapour (Heritage Conservation Centre) travaille pour toutes les collections d’Asie du Sud-Est et pour les grands musées dont le Louvre et le Metropolitan.