Bibliothèques d’Asie du Sud-Est

Le Blog d’une conservateur en disponibilité devenue pour un temps « travelling librarian »…

Reliures des manuscrits malais novembre 3, 2008

Filed under: bibliothèques publiques en Malaisie,patrimoine — boscaurelie @ 9:29

Je commence tout juste mes investigations sur les reliures de ces manuscrits.  Voici donc quelques notes d’après mes observations et mes lectures (maigre bibliographie sur la codicologie des manuscrits malais !):

Matériaux

Les plus fréquents sont le cuir, le carton et le tissu.

  • Cuir : basane, vache ou chèvre, monté sur ais de carton. Le décor est minimal (décor simple, géométrique, de feuilles et de fleurs, que l’on retrouve sur d’autres supports). Il est peint, estampé à froid, très rarement doré.

Manuscrits à reliure dorée (Bibliothèque Nationale de Malaisie, mss 1720, 1721, 2230, 1713)

  • Tissu : tissu uni, sarong (motifs de carreaux), plus rarement batik (teinture en épargne à la cire fondue) ou songket  (brocard avec fil  d’or ou d’argent qui apparaît en relief).  Techniques et styles permettent parfois d’identifier la provenance du tissu – mais pas nécessairement de la reliure (échanges, commerce).

Reliures de tissu (BN, mss en cours de catalogage)

  • Feuilles contrecollées ou carton
  • Ecorce : moins commune, utilisée en jaquette, en doublure d’une couverture de papier ou de cuir
  • Peau non tannée ou peau brute : rarement utilisée, en jaquette.

Manuscrit de jurisprudence islamique avec jaquette en peau de chèvre, Péninsule malaise, date inconnue (Musée des Arts islamiques).

Dans le monde malais, il semblerait que moins d’importance ait été apportée aux reliures que dans le reste du monde musulman.

Formes

Pour les codices : la reliure à rabat est assez fréquente.

Contenu, usage et possesseur

La reliure est liée:

  • au contenu : un Coran, texte sacré par excellence, est souvent bien relié (et enluminé)
  • à l’usage : les livres d’étude ou de diffusion de l’islam sont des instruments de travail, ils seront reliés simplement
  • au propriétaire, à sa position sociale et ses moyens : Il faut distinguer les manuscrits appartenant aux familles royales, richement reliés, de ceux appartenant aux roturiers,  simplement reliés ou non reliés, probablement par économie de moyens…

Références bibliographiques sur les reliures des manuscrits malais  :

« Covers: the outside story », in Malay Manuscripts, an introduction, Ros Mahwati Ahmad Zakaria et Latifah Abdul Latif, Islamic Arts Museum Malaysia, 2008, p. 79-83.

M. Plomp, « Traditional  bookbindings from Indonesia », dans Bijdragen tot de taal- land- en
volkenkunde
, 149 (1993), p. 571-592  (mais traite seulement des reliures en cuir d’Indonésie).

 

Manuscrits malais (2/2) octobre 26, 2008

Filed under: bibliothèques publiques en Malaisie,patrimoine — boscaurelie @ 9:34

Bibliothèque du Musée des Arts Islamiques

Collections de manuscrits

Seul musée de ce genre en Asie du Sud-Est, le Musée des Arts Islamiques possède environ 1000 manuscrits, et s’est vu confier la garde des 4000 manuscrits du Département pour le Développement de l’Islam en Malaisie (JAKIM). Une galerie du musée est dédiée aux manuscrits, exposés par rotation.

Catalogage

Alors que les manuscrits des collections propres du Musée sont relativement bien documentés, ceux du JAKIM le sont beaucoup moins, même si tous sont brièvement décrits dans la base de données des collections du musée.

Leur catalogage précis est en cours : un millier a déjà été décrit sous forme papier. La moitié de la collection devrait être décrite d’ici fin 2008, par 3 bibliothécaires. Tous les manuscrits du JAKIM concernent de près ou de loin l’islam, sont écrits en arabe ou en jawi et proviennent de Malaisie. La plupart sont du 19ème siècle, quelques uns seulement datent du 18ème (provenance de Patani).

Les manuscrits des collections propres du Musée ont des provenances plus diverses : Chine,  Asie du Sud Est, Turquie, Afrique, …

Aucun des manuscrits n’est microfilmé ni numérisé.  La biblitohèque a d’autres priorités, notamment la numérisation d’une collection d’ouvrages imprimés sur les céramiques islamiques.

Conservation

Le Musée des Arts Islamiques dispose d’un récent atelier de conservation-restauration qui traite tous les matériaux (voir billet précédent).

Histoire du livre

La directrice de la bibliothèque a suivi il y a quelques années un séminaire de 3 semaines sur l’histoire du livre et le catalogage des manuscrits d’Asie du Sud Est à l’Université Islamique Internationale, dont François Déroche était un des animateurs. Contrairement au monde persan ou turc, le monde malais semble assez peu étudié du point de vue de l’histoire du livre.

Autres collections

La bibliothèque comporte 10000 volumes sur les arts et la culture islamiques. Anecdote : les acquisitions  en provenance de pays étrangers se heurtent parfois à la censure de l’Internal Security Department, certaines publications étant jugées non conformes à l’interprétation du Coran telle qu’elle est admise en Malaisie…

Le SIBG utilisé est ILMU (module acquisitions, catalogage, prêts), utilisé dans la plupart des bibliothèques publiques de Malaisie, développé par un fournisseur local ; il n’a pas encore de version en ligne.

La bibliothèque (5 bibliothécaires) est ouverte uniquement sur rendez-vous, du lundi au vendredi de 10h à 17h. Le cadre est magnifique, le confort optimal, et le silence assuré…

Une ressource intéressante : le site web de l’Islamic Manuscript Association dont le siège est à Cambridge.

 

Manuscrits malais (1/2) octobre 15, 2008

Filed under: bibliothèques publiques en Malaisie,patrimoine — boscaurelie @ 11:16

J’avais déjà défriché le sujet dans un précédent billet et surtout dans quelques pages écrites à l’occasion d’un colloque en 2006.

Je suis depuis retournée à la pêche aux informations… à leur source, c’est-à-dire à la Bibliothèque nationale de Malaisie et au Musée des Arts Islamiques. Voici donc une mise à jour sur les deux principales institutions qui conservent des manuscrits malais en Malaisie.

Bibliothèque nationale de Malaisie – Centre des manuscrits malais (créé en 1985)

Acquisitions

  • manuscrits malais = en langue malaise (lingua franca de l’archipel Indonésie / Malaisie et même au-delà), écrite en jawi (alphabet arabe avec des emprunts aux alphabets perse et ourdou)
  • collection de 4400 manuscrits à ce jour (« la plus grande collection mondiale », enfin cela semble normal !)
  • en 2007, 53 manuscrits malais ont été acquis pour une valeur de 60000 euros (ça ne fait pas cher du manuscrit!)
  • rares achats en vente publique  (un Coran illuminé de l’Etat de Terrenganu acheté chez Sotheby’s en 1984)
  • la plupart sont acquis auprès d’individuels ou de libraires en Malaisie, Indonésie (notamment Aceh), Australie…
  • acquisition de microfilms des manuscrits conservés dans d’autres collections, à ce jour :
  • 773 microfilms de manuscrits conservés dans des bibliothèques étrangères (dont 166 à la BnF),
  • 161 microfilms de manuscrits conservés en Malaisie (Musée du Kelantan, Musée du Sarawak, University Malaya, Institut de la langue et de la littérature, individuels).

On regrettera que quasiment aucun manuscrit provenant des collections privées des sultans des différents états de Malaisie n’ait été proposé ni même signalé à la Bibliothèque nationale – le cas de l’Hikayat Hang Tuah (ms 1713) acheté en 1992 à une famille royale de l’État de Kelantan est une exception. Il a depuis été inscrit au registre Mémoire du Monde de l’Unesco avec deux autres manuscrits.

Hikayat Hang Tuah

Personnel

  • une directrice qui gère aussi le Département des Malaysiana
  • 4 bibliothécaires : une chargée des acquisitions, une des renseignements aux lecteurs et des recherches, une des publications et de la communication, une de la documentation et du catalogage.

Cataloguage

  • notices détaillées dans les catalogues papier bisannuels (5 éditions, celle de 2008 décrira les manuscrits jusqu’à la cote 3986),
  • notices abrégées dans le catalogue en ligne (mots matières de la Bibliothèque du Congrès et règles AACR2).
  • Union Catalogue of Malay Manuscripts :  consultable sur place uniquement, il reprend les notices de tous les manuscrits malais conservés dans le monde

Manuscrit de la Bibliothèque Nationale en cours de catalogage

Microfilmage et numérisation

813 manuscrits des collections ont été microfilmés à ce jour (à terme tous devraient l’être) et environ 500 manuscrits ont été numérisés et décrits brièvement avec des métadonnées maison basées sur le Dublin Core. Ils ont été mis en ligne en 2003 (Online Malay Manuscripts Portal) lors de l’Organisation de la Conférence Islamique (OIC) conjointement avec l’ouverture de la Bibliothèque numérique islamique internationale. Mais pour des raisons techniques, le site ne fonctionne plus depuis plus de deux ans !!

L’unité mobile de microfilmage est déployée pour des opérations de microfilmage hors les murs. Ainsi au printemps 2008, une équipe de la Bibliothèque nationale et de l’Université Malaya a passé deux semaines à Buton en Indonésie pour microfilmer et conditionner une collection privée de manuscrits malais. Il faudra que je me renseigne pour savoir si cela entre dans le cadre du projet Endangered Archives de la British Library / Arcadia : « Locating, documenting and digitising : the endangered manuscripts of the legacy of the Sultanate of Buton, South-Eastern Sulawesi Province, Indonesia« , dirigé par Mr S. Suryadi, Leiden University (29420 £ pour 14 mois). A noter aussi : le projet « Riau Manuscripts, the gateway to the Malay intellectual world« .

Recherche

La Bibliothèque nationale essaie d’encourager les recherches sur les manuscrits malais. Un « Guest Scholar Programme » a été créé, qui prend en charge la publication des recherches, sous certaines conditions.

Conservation

Le Service de conservation et de restauration de la Bibliothèque nationale  effectue des opérations de dépoussiérage, gommage, désacidification (une des principales causes de destruction des manuscrits est l’acidité du papier), doublage, comblage des déchirures, reliure. A lire dans un prochain billet…

Manuscrits 2619 et 219, Bibliothèque Nationale de Malaisie

 

Musée des Arts Islamiques : Atelier de conservation / restauration septembre 30, 2008

Filed under: conservation,patrimoine — boscaurelie @ 9:29

Le Centre de Conservation du Musée des Arts Islamiques a ouvert en 2003 et fonctionne aujourd’hui avec 15 professionnels de la conservation. Un des acteurs de l’ouverture du centre et son actuel directeur adjoint est d’ailleurs un spécialiste de la conservation du papier, en retraite de sa carrière aux Archives Nationales de Malaisie (retraite à 54 ans pour les fonctionnaires malaisiens ! Ce qui laisse de temps de se lancer dans une nouvelle vie…).

Le Centre de Conservation est divisé en 4 sections :

  • matériaux organiques (not. papier et textile)
  • matériaux non organiques (métal, verre, céramique…)
  • nettoyage des objets
  • laboratoire d’analyses.

Les objets qui entrent dans les collections passent tous un petit séjour dans la « salle d’attente » pour observation. Les objets « douteux » subissent une fumigation et sont mis en quarantaine sous scellés dans un environnement anoxique.

Manuscrits en quarantaine

Poissons d’argent et moisissures sont les infestations les plus fréquentes. Une unité de traitement mobile vient d’être acquise, afin de faciliter les interventions de traitement des moisissures, notamment dans les galeries du musée, sans disperser les spores.

Unité mobile de traitement

Trois restaurateurs spécialisés dans le traitement du papier et du parchemin sont chargés des manuscrits, des livres imprimés, des rouleaux et des reliures. La restauration de 30 rouleaux chinois sur papier est en cours : retrait du support de doublage du dos, nettoyage, petites réparations, remplacement du dos par un doublage en papier Kozo, retouches.

Restauration d’un rouleau sur papier (Chine, 1987)

Conditionnement d’un rouleau

La restauration des livres inclut la reliure et la réparation des livres « modernes » de la bibliothèque du musée, mais aussi la restauration des manuscrits : nettoyage (gommage), réparations en papier Kozo, désacidification en milieu non acqueux, reliure (en Buckram -pas tres esthétique!- ou, si le volume est mince, simple emballage dans du papier de soie), encapsulation dans du mylar pour les documents en feuille.

Le colmatage n’est pas utilisé pour les manuscrits (contrairement à ce qui se fait à la Bibliothèque Nationale de Malaisie, voir billet précédent); si besoin, les manuscrits sont renforcés avec du papier Kozo ou du papier de soie.

Chaque étape du traitement est documentée par des photographies et un rapport écrit :

Le Centre de Conservation propose des formations pour le personnel d’autres institutions de Malaisie. Je n’ai pas vraiment saisi s’il y avait des liens avec la Bibliothèque Nationale, mais il m’a bien semblé des deux côtés que non…

 

Bibliothèque Nationale de Malaisie : atelier de conservation / restauration septembre 24, 2008

Filed under: bibliothèques publiques en Malaisie,conservation,patrimoine — boscaurelie @ 8:32

Les manuscrits malais sont fragiles : papiers et encres acides, cahiers parfois non reliés.

Le Département de la Conservation de la Bibliothèque Nationale de Malaisie a été créé depuis 1979, pour préserver et restaurer les collections patrimoniales : manuscrits malais, livres anciens, documents déposés dans le cadre du dépôt légal (depuis 1966).

Restauration:

  • fumigation : chaque document qui entre dans les collections subit une fumigation (prestataire externe).
  • nettoyage (gommage) 
  • pagination (pas d’estampillage)
  • test du PH et si nécessaire, désacidification en milieu non-acqueux (méthanol + hydroxyde de barium) pour les manuscrits, et en milieu acqueux pour les livres imprimés (carbonate de magnésium  + dioxyde de carbone)
  • doublage : encollage de la feuille de papier japon posée sur la page de manuscrit avec de la carboxy-méthylcellulose, au travers d’un écran en polyester
  • séchage
  • mise sous presse
  • détourage au cutter
  • autre alternative : comblage machine (table aspirante) si l’état du manuscrit le supporte (!)

Ensuite les pages sont massicotées et le tout est relié… On est plutôt loin de l’aspect initial du manuscrit ! :(

Alors que le discours du chef-restaurateur (enfin ce que j’en ai compris !) est que tous les manuscrits un peu abîmés subissent ce traitement, celui des bibliothécaires (même remarque) est que ce sort est réservé aux seuls manuscrits en très mauvais état…

Les livres imprimés du 19e dont le papier est cassant sont doublés avec du « Crompton tissue  » (à base de PVA, encollage au fer à repasser).

Istituto Centrale di Patologia del Libro : Carlo Federici est venu en 2000, et a introduit les techniques de restauration aujourd’hui utilisées (à la place du doublage des manuscrits avec de la soie et de la reliure systématique des manuscrits non reliés). Des experts de Corée, d’Allemagne et de Russie sont également venus partager leur savoir-faire.

Contrôle climatique : la stabilité du taux d’humidité est peu aisée à obtenir sous un climat tropical… Aussi des déshumidificateurs mobiles sont utilisés ponctuellement dans les réserves pour suppléer les climatiseurs. Des sachets de gel de silice sont placés tous les 30 cm2 et régulièrement changés. Les thermohygrographes sont surveillés de près, notamment après une forte pluie.

Conditionnement : Des boîtes et des pochettes en matériaux neutres sont utilisées pour conditionner les manuscrits, qui sont rangés à plat sur les étagères.

Le Département de la Conservation compte 33 personnes, dont 22 restaurateurs, qui ont été formés aux Archives Nationale de Malaisie, en Allemagne ou en Inde pour certains. Il joue un rôle de conseil et de formation auprès des biblitohèques publiques de Malaisie, et d’information : deux fois par semaine, il reçoit la visite d’élèves de Kuala Lumpur et des environs !

 

IFLA International Newspaper Conference 2008 septembre 8, 2008

Mieux vaut tard que jamais ! Voici donc la version « blog » (plus facile à lire !) d’un article paru dans le BBF t. 53, n°4, rubrique « Tour d’Horizon », écrit suite à la Conférence de l’IFLA sur les périodiques à laquelle j’ai assisté du 1er au 3 avril 2008, à Bibliothèque nationale de Singapour.

Organisée par l’IFLA (Section des Périodiques, Section Préservation et Conservation, Programme Préservation et Conservation-PAC) et la Bibliothèque nationale de Singapour, la conférence a principalement évoqué :

  • la conservation physique et numérique,
  • la numérisation,
  • le dépôt légal,
  • les droits d’auteur,
  • l’accès et des services aux usagers.

Numérisation

Bibliothèque nationale de Finlande

  • L’une des pionnières avec le lancement en 2001 de TIDEN – bibliothèque numérique des journaux anciens nordiques; à ce jour 165 titres finlandais (1771-1890).
  • groupe de travail  sur la conservation numérique à long terme

Bibliothèque Nationale d’Australie

  • Australian Newspaper Plan : Bibliothèque Nationale d’Australie + 8 bibliothèques régionales, lancé en 1992 (catalogage, conservation et microfilmage).
  • nouvelle impulsion début 2008: campagne « Wanted » auprès du grand public pour la collecte des titres et numéros absents des collections.
  • Programme national de numérisation : titres de journaux les plus importants de 1803 à 1954 en cours de numérisation.

Bibliothèque de l’Etat fédéral de Bavière

  • Catalogue collectif des périodiques allemands (ZDB) : lancé en 2003 pour tous les journaux bavarois d’avant 1945 (bibliothèques + archives)
  • numérisation des journaux bavarois anciens : 360000 pages numérisées.
  • accord en 2007 avec Google: pour la numérisation d’un million de documents (17ème – 19ème siècle), dont 25 titres de journaux d’importance nationale
  • partenaire du projet européen Impact :pour l’amélioration des performances de l’OCR, notamment sur la Fraktur allemande.

Projets de numérisation des journaux dans le monde germanophone :

  • Anno (AustriaN Newspapers Online) : 3 millions de pages de journaux anciens,
  • projet en cours de la Bibliothèque de Berlin pour les Journaux Officiels prussiens (1865-1900).

British Library

  • journaux anciens numérisés : depuis 2007, consultation de 48 titres 19ème siècle, soit 2 millions de pages est possible UNIQUEMENT sur place et depuis les établissements de l’enseignement supérieur.

Bibliothèque Nationale des Pays Bas

  • Numérisation d’une sélection de journaux hollandais de 1618 à 1995 (donc une partie sous droits), soit 8 millions de pages et un budget de 12,5 millions d’euros.

National Digital Newspaper Programme (NDNP, 2005-2009)

Fourniture de fichiers numériques par les éditeurs

Bibliothèque de l’Université du Zimbabwe

  • problèmes d’accès et de conservation
  • projet de réservoir national de périodiques:  en Open Acess, sous DSpace, avec 9 journaux principaux du pays,
  • les éditeurs fourniraient à la bibliothèque les fichiers cumulatifs, sans violation du droit d’auteur.

Bibliothèque Nationale de Singapour

  • accord avec le Straits Times (juillet 2007): pour la numérisation et l’océrisation des archives du journal de 1845 à 2006.
  • accès : sur place depuis les bibliothèques publiques de Singapour, par un portail de consultation de la presse, opérationnel fin 2008.
  • droits d’accès (articles sous droits) : gérés par le système (bibliothèque numérique sous Greenstone, avec droits d’accès renseignés par un fichier METS avec des balises MODS).; mise à jour quotidienne, prenant ainsi en compte la date mouvante pour les droits d’auteur.
  • dépôt légal du Straits Times entièrement de manière numérique (fichiers PDF).

Bibliothèque nationale de France : dépôt légal numérique des quotidiens régionaux

  • avantages : meilleure couverture des 400 éditions, meilleure conservation, réduction des coûts, renforcement du réseau des BDLI
  • contraintes : les fichiers déposés doivent être exactement similaires à la version imprimée, le format doit être pérenne, le volume de données numériques doit être estimé pour leur stockage et le dépôt doit être automatisé.
  • accord avec Ouest France en 2005 : numérisation à partir des microfilms (1899-2003), OCR (BnF et CRL Basse Normandie pour l’édition de Caen), achat des microfilms courants par la BnF, dépôt légal des fichiers numériques, archivage à long terme par la BnF, proposée comme « compensation » à l’éditeur, accès dans les salles de lecture de la BnF et les BDLI.
  • Le Populaire du Centre : dépose ses fichiers numériques depuis février 2007
  • La Dépêche du Midi : récent accord qui prévoit le dépôt légal des fichiers numériques
  • L’Union de Reims et La Montagne : tests n’ont pas abouti.
  • conservation à long terme :assurée par SPAR (Système de Préservation et d’Archivage Réparti), opérationnelle en 2009.
  • numérisation d’instruments de recherche (tables, index, bibliographies…) prévue.

L’importance des microfilms

Dans nombreux cas, ils sont :

  • le support de consultation sur place ou à distance,
  • le support de conservation,
  • le support de numérisation.

International Coalition on Newspapers (ICON)

  • Fondée en 1999 au sein du Center for Research Libraries (CRL)
  • préserver par le microfilmage
  • donner accès aux journaux du monde entier : catalogue (25000 notices provenant des bibliothèques participantes)
  • Southeast Asia Microform Project (SEAM) : mis en place en 1970 pour acquérir des microfilms des bibliothèques d’Asie du Sud-Est ou pour aider au financement le microfilmage de leurs titres (partenariats avec le Vietnam, l’Indonésie).

La question de la collecte et de l’archivage des journaux en ligne

Bibliothèque Nationale de Suède

  • archive les sites internet depuis 1997 (archivage complet des sites en .se),
  • collecte journalière des sites de périodiques en ligne depuis 2004 : pages web de 140 journaux suédois ont été collectées quotidiennement
  • difficulté de préserver la mise en page, le contexte, les images…
  • projetde remplacer la collecte automatique par une collecte sélective et thématique qui préserverait le contexte.

Conclusion

Du pain sur la planche…

  • rendre les journaux accessibles à une large échelle, y compris les documents sous copyright (collaboration avec les éditeurs)
  • assurer la pérennité de la conservation sur le long terme
  • mettre en place de standards pour les métadonnées
  • améliorer l’accès aux collections ni numérisées ni microfilmées
  • « and much more » comme diraient les Malaisiens!

 

Bibliothèque Nationale de Chine (3/3)- Conservation et Restauration juin 25, 2008

Filed under: bibliothèques en Chine,patrimoine — boscaurelie @ 12:08

Le Centre de Restauration des livres précieux

Les ateliers de restauration existent officiellement à la Bibliothèque Nationale depuis 1953, et depuis 1980 sont dédiés uniquement aux livres rares.

Cependant d’importants travaux de restauration avaient commencé bien avant, notamment avec 20 années de travail (1946-1965) sur une collection de Tripitaka (Zhaocheng Trpitaka) acquise par la biblitohèque. La priorité a ensuite été donnée aux documents les plus précieux (et les plus volumineux), comme l’Encyclopédie Yong Le Da Dian (près de 23000 volumes, début 14e siècle), les documents Tangut (10e siècle), et depuis 1991, l’immense chantier de restauration des documents de Dunhuang (4e-10e siècle). Au début des travaux de restauration, les manuscrits étaient entièrement doublés et encadrés de soie, par souci esthétique… Heureusement ce n’est plus le cas aujourd’hui, et le mot d’ordre est  » The book as it is » = intervention minimale. Des échanges de savoir-faire ont eu lieu ces dernières années entre Pékin, Paris (BnF) et Londres (British Library).

Tous les documents qui entrent dans les collections sont congelés à très basse température afin d’éliminer de possibles contaminations (prestataire externe).

Restauration d’un manuscrit de Dunhuang (exemple)

Les manuscrits de Dunhuang en cours de restauration sont les moins abîmés, étant donné que la partie la plus fragilisée du fonds a déjà été restaurée. La restauration que j’ai pu observer consistait à combler les endroits endommagés du rouleau avec un papier d’écorce et une colle d’amidon, et à ajouter un doublage sur les bords fragiles. Le papier choisi est d’une couleur légérement différente de celle du manuscrit afin de mettre discrètement en évidence les parties restaurées.

Manuscrit de Dunhuang restauré

Le manuscrit est ensuite mis sous presse. Une fois retiré de la presse, il est roulé avec une feuille de papier d’écorce pour protéger la première partie du rouleau, puis rangé dans une boîte étanche en nanmu (bois très parfumé réputé chasser les insectes). Il rejoint ensuite les tiroirs des meubles fermés où sont rangés les manuscrits de Dunhuang.

Tous les éléments qui documentent l’histoire du manuscrit sont conservés : y compris, dans le cas de ce manuscrit de Dunhuang, la boîte de 1911 dans lequel il était rangé,… et les crottes d’oiseau !

Les manuscrits de Dunhuang sont très rarement acides. Les documents acides (notamment ceux écrits sur papier de bambou) subissent un nettoyage.

Colmatage

La colmateuse n’est jamais utilisée pour les manuscrits. Ici elle est utilisée pour des documents imprimés du 17e siècle, qui ont été perforés par des insectes.

Document avant passage dans la colmateuse

Estampages

Les estampages ne sont doublés qu’aux angles, par le verso. Ici la réparation se fait avec du papier de coton et de la colle d’amidon (le support original est du papier d’écorce).

Documents sur soie

Document sur soie jaune comblé avec du papier

Conditionnement

Les boîtes en nanmu ne sont utilisées que pour les rouleaux les plus précieux (100 euros la boîte…). Testée en immersion pendant 15 jours, si après cette période, l’intérieur de la boîte est sec, la boîte est conforme !

Boîte en nanmu

Pour les livres, des boîtes à rabats de style traditionnel sont confectionnées sur place, recouvertes de tissu à l’extérieur et doublées de papier neutre, avec attaches en os.

Projets

Actuellement le centre de conservation, qui emploie 19 personnes, possède 3 laboratoires : chimie, physique et biologie. Un laboratoire plus grand est prévu.

Un plan d’urgence, dont l’élaboration a commencé en 2007, devrait bientôt voir le jour.

Enfin à plus large échelle, la BN est pilote dans le « Programme national de Préservation des livres anciens » (billet précédent). Malheureusement les forces manquent (peu de personnel formé à la conservation) mais des efforts réels semblent exister.

Soulignons également que la Bibliothèque nationale de Pékin est le Centre Régional du programme Préservation et Conservation de l’IFLA.

 

 
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