Le Centre de Conservation du Musée des Arts Islamiques a ouvert en 2003 et fonctionne aujourd’hui avec 15 professionnels de la conservation. Un des acteurs de l’ouverture du centre et son actuel directeur adjoint est d’ailleurs un spécialiste de la conservation du papier, en retraite de sa carrière aux Archives Nationales de Malaisie (retraite à 54 ans pour les fonctionnaires malaisiens ! Ce qui laisse de temps de se lancer dans une nouvelle vie…).
Le Centre de Conservation est divisé en 4 sections :
- matériaux organiques (not. papier et textile)
- matériaux non organiques (métal, verre, céramique…)
- nettoyage des objets
- laboratoire d’analyses.
Les objets qui entrent dans les collections passent tous un petit séjour dans la “salle d’attente” pour observation. Les objets “douteux” subissent une fumigation et sont mis en quarantaine sous scellés dans un environnement anoxique.
Poissons d’argent et moisissures sont les infestations les plus fréquentes. Une unité de traitement mobile vient d’être acquise, afin de faciliter les interventions de traitement des moisissures, notamment dans les galeries du musée, sans disperser les spores.
Trois restaurateurs spécialisés dans le traitement du papier et du parchemin sont chargés des manuscrits, des livres imprimés, des rouleaux et des reliures. La restauration de 30 rouleaux chinois sur papier est en cours : retrait du support de doublage du dos, nettoyage, petites réparations, remplacement du dos par un doublage en papier Kozo, retouches.
Restauration d’un rouleau sur papier (Chine, 1987)
La restauration des livres inclut la reliure et la réparation des livres “modernes” de la bibliothèque du musée, mais aussi la restauration des manuscrits : nettoyage (gommage), réparations en papier Kozo, désacidification en milieu non acqueux, reliure (en Buckram -pas tres esthétique!- ou, si le volume est mince, simple emballage dans du papier de soie), encapsulation dans du mylar pour les documents en feuille.
Le colmatage n’est pas utilisé pour les manuscrits (contrairement à ce qui se fait à la Bibliothèque Nationale de Malaisie, voir billet précédent); si besoin, les manuscrits sont renforcés avec du papier Kozo ou du papier de soie.
Chaque étape du traitement est documentée par des photographies et un rapport écrit :
Le Centre de Conservation propose des formations pour le personnel d’autres institutions de Malaisie. Je n’ai pas vraiment saisi s’il y avait des liens avec la Bibliothèque Nationale, mais il m’a bien semblé des deux côtés que non…


















