Bibliothèques d’Asie du Sud-Est

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Collections patrimoniales de la Bibliothèque nationale de Singapour (Seconde partie) septembre 14, 2007

Classé dans : bibliothèques à Singapour, patrimoine — boscaurelie @ 4:13

Les collections les plus précieuses sont dans la Réserve : 6000 ouvrages, dans des vitrines sous clé, chacun dans une pochette en papier neutre pour les livres et en mylar pour les cartes.

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nbl-boite.jpg La majorité date d’entre 1850 et 1945, et la plupart est issue des presses de Singapour : dictionnaires dans les diverses langues du sud-est asiatique, almanachs, journaux, publications scientifiques, récits de voyage, et classiques chinois traduits en langue peranakan (mélange de malais et de hokkien, langue parlée par les Chinois du Protectorat des Détroits).

Très peu d’ouvrages datent d’avant 1850, à quelques exceptions notables :

  • Richard Eden, The History of Travayle in the West and East Indis, and other countrys lying either way, towards the fruitfull and rich Moluccaes, Londres, 1577,
  • Nouveau Testament traduit en malais, Oxford, 1677, (photo) nbl-tesament.jpg
  • le premier volume du Journal de Logan, Singapour, 1847 (le premier journal « scientifique » imprimé à Singapour et concernant la région),
  • Hikayat Abdullah, 1849, autobiographie de Munsyi Abdullah, écrite en jawi (écriture arabe utilisée pour noter le malais) et reproduite par lithographie.

    nbl-hikayat.jpgCe livre est le premier livre imprimé (lithographié!) en malais utilisé par le gouvernement colonial dans les écoles malaises de Singapour. Traducteur et secrétaire de Sir Stamford Raffles, Munsyi Abdullah est un des pères de la littérature malaise moderne. Son autobiographie est un ouvrage critique sur les débuts de l’ère coloniale et sur les traditions sociales et culturelles des Malais. Munsyi Abdullah a également traduit en malais les Epîtres pour les missionnaires oeuvrant à Singapour.

nbl-etagere.jpg Les livres de la Réserve sont classés en Dewey et par format.

nbl-cartes.jpgLa collection de cartes est riche et s’est récemment accrue d’une carte de 1607 de Théodore de Bry de 1607 (autre carte sur la photo). Singapour, qui n’était alors qu’un village de pêcheurs, n’était pas toujours indiquée sur les cartes datant d’avant l’époque de Raffles…

Préservation et conservation

Au moment de l’installation des collections dans le nouveau bâtiment en 2005, la Bibliothèque nationale de Singapour a bénéficié des conseils et recommandations de Wendy Smith, spécialiste australienne des questions de conservation, récemment décédée.

La Bibliothèque n’ayant développé aucune expertise en la matière, la choix a été fait de sous-traiter les opérations de préservation et de conservation aux Archives nationales de Singapour, fortes d’une solide expérience. Seules les petites interventions sont réalisées en interne par la Bibliothèque nationale, dans les locaux techniques du site de Changi. Les bibliothécaires m’ont laissé entendre qu’ils avaient eu du mal à faire comprendre au service de conservation des Archives qu’ils ne souhaitaient pas rendre aux livres leur aspect d’origine ni les re-relier à l’identique … Cela m’a rappelé une conversation avec une relieuse des Archives nationales françaises !

Numérisation

Tous les livres de la Réserve sont numérisés ou en cours de numérisation. Ceux qui sont encore sous droits peuvent être consultés sur place. La bibliothèque numérique étant en cours de refonte, seuls certains documents numérisés sont disponibles en ligne, ainsi qu’une quarantaine de documents concernant Singapour conservés à l’Oriental and India Office de la British Library. A noter également, Singapore Infopedia propose des articles rédigés par les bibliothécaires, sur l’histoire de Singapour, avec bibliographie et images. Un des projets en cours concerne la numérisation des images de Singapour qui se trouvent dans des ouvrages récents, pour lesquelles la négociation des droits se fait au cas par cas…

 

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