Bibliothèques d’Asie du Sud-Est

Le Blog d’une conservateur en disponibilité devenue pour un temps “travelling librarian”…

Distributeurs de livres à Singapour mars 20, 2007

Classé dans : TIC en Malaisie et Singapour — boscaurelie @ 11:13

Lors de la Conférences de l’Association des bibliothécaires de Singapour les 27 et 28 janvier dernier, la Bibliothèque nationale de Singapour a présenté son prototype de “distributeur de livres” qui sera installé courant 2007 en plusieurs endroits de la ville (stations de bus, de métro, aéroport, centres commerciaux, HLM, hôpitaux,… : lieux fréquentés mais aussi zones où la population n’a pas accès à la bibliothèque).

Il suffit d’insérer votre carte de lecteur (à Singapour, c’est la carte d’indentité), l’automate vérifie vos droits, vous choisissez dans la centaine de livres “visibles” ou grâce à l’écran de visualisation (“catalogue”) un livre parmi les 200 proposés (sur4 rangées), vous obtenez votre livre et le reçu avec la date de retour. Vous pouvez aussi rendre vos derniers emprunts grâcé à l’automate de prêt-retour placé juste à côté avant de sauter dans le bus. Evidemment tout cela marche grâce à la RFID !

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Avec ce service disponible 24/24h (comme les automates de prêt-retour et paiement d’amendes déjà présents dans la plupart des bibliothèques publiques), la Bibliothèque nationale cherche à rapprocher le livre du lieu de vie et de passage des Singapouriens : “bringing the library closer to you”.

Le choix de livres (et dans un second temps de CD et DVD), est différent selon chaque automate, selon le lieu où il est situé et le public visé : population à faibles revenus, population active, parents et enfants qui ne fréquentent pas la bibliothèque, public empêché ou handicapé, et même “ceux qui ne sont pas intéressés par les bibliothèques” !

J’ai hâte de voir cela fonctionner lors de mon prochain passage à Singapour !

NB: le développeur est la société singapourienne Wavex Technologies.

 

“Fausses idées sur les gants blancs” mars 15, 2007

Classé dans : patrimoine — boscaurelie @ 8:18

Je viens de lire un article passionnant dans “International Preservation News” (n° 37 de décembre 2005), revue trimestrielle publiée par le programme “Préservation et Conservation” de l’IFLA. Et je suis heureuse de trouver une argumentation scientifique qui corrobore une opinion que j’ai parfois eu du mal à faire admettre !
Pour ceux qui n’aurait pas le temps de lire l’article de Cathleen A. Baker (conseillère en conservation) et Randy Silverman (Responsable de la conservation à l’Université de l’Utah), voici en quelques mots l’essentiel :

  • les gants se salissent aussi facilement que les mains nues et provoquent la production de sueur
  • ils atténuent le sens du toucher (notamment pour les papiers fins et cassants)
  • avant l’arrivée du livre dans la bibliothèque, il a été manipulé par des “foules de mains sales” (!)
  • comparée aux dommages causés par la pollution, la chaleur, la lumière, les mauvaises conditions de stockage, et l’acidité du papier, la détérioration due au contact des mains nues est imperceptible
  • préserver le contact physique avec les documents permet de mieux les appréhender comme “trésors culturels”.

NB : cet article ne considère que la manipulation des livres et ne nie pas l’utilité des gants pour les photographies, négatifs, etc.

Recommandations:

  • se laver les mains au savon et bien les rincer et les sécher
  • la propreté des mains de slecteurs étant difficile à vérifier, mettre en place un “point-nettoyage” en salle de lecture avec des lingettes et des serviettes papier pour le séchage
  • le personnel peut également utiliser ce dispositif public pour montrer l’exemple…
  • dans le cas où l’usage de gants est vraiment nécessaire, choisir des gants poudrés en vinyle et éviter les gants en coton.

Reste que certains (rares) lecteurs tiennent à utiliser des gants et sont choqués de voir les responsables des fonds anciens manipuler les documents à mains nues. Excellente occasion d’expliquer quelques notions simples de conservation !

 

Yahoo! Questions / Réponses en Malaisie mars 15, 2007

Classé dans : TIC en Malaisie et Singapour — boscaurelie @ 4:16

Yahoo! intensifie sa présence dans la région Asie-Pacifique, avec une statégie d’offre de services plus “localisés”. Yahoo! Malaysia (en anglais) est plus récent que Google Malaysia (anglais, malais, tamoul) mais vient d’inaugurer dans le pays – le vingtième à en bénéficier- son service de Questions-Réponses (en anglais). Assez emblématique, la première question, posée lors de l’inauguration à laquelle Yahoo! avait convié un panel de stars locales, celle de la réalisatrice Yasmin Ahmad : “Que pouvons-nous faire pour inspirer et soutenir les jeunes réalisateurs malaisiens ?” (la question aurait pu être posée pour les écrivains)

Pour Yahoo!, 2007 sera aussi l’année de la mise en place de “Panama”, qui devrait lui permettre d’analyser les recherches plus finement afin de proposer des liens publicitaires plus pertinents et par conséquent d’engranger des profits plus importants…

 

Mangas en France et en Malaisie mars 14, 2007

Classé dans : le livre en Malaisie — boscaurelie @ 8:24

“La France est le plus grand marché pour les mangas après le Japon” : tel est le titre d’un article paru il y a 10 jours dans le journal national malaisien (The Star). Un mois après le festival d’Angoulême, largement illustré dans l’article, le journaliste fait le point sur la passion “typiquement française” pour les “bandes dessinees” – avec bien sûr, les incontournables Tintin et Astérix. 4000 nouveaux titres de BD parus chaque année, cela doit laisser les Malaisiens rêveurs. En revanche les 40% de vente de BD consacrés aux mangas doivent leur sembler plus familiers, puisque jusqu’à présent je n’ai vu aucune autre BD -éditée en Malaisie- dans les librairies. Et dans la petite ville de Raub, on peut même emprunter dans deux arrière-boutiques, moyennant quelques ringgits, des mangas en chinois ou en malais.

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J’ai bien aimé cette scène à Singapour : 3 ados plongés dans leur manga en attendant que le feu passe au vert, ils ont même continué leur lecture en traversant la rue !

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RFID : la “Microchip” malaisienne mars 14, 2007

Classé dans : TIC en Malaisie et Singapour — boscaurelie @ 7:51

Toujours à l’affût de technologies qui lui permettraient de prendre une part du marché des TIC (si petite soit-elle!) et de positionner sur la place mondiale son “Multimedia Super Corridor” (un des volets de la Vision 2020, voir le billet précédent), la Malaisie annonce le lancement de la plus petite puce RFID du monde (0,7 x 0,7 mm), baptisée “Malaysia Microchip“.

Le développement de puces RFID a été initié par le gouverment malaisien (il s’agirait du seul pays au monde à avoir eu une telle initiative), en collbaoration avec la société japonaise First Hill Electronic Compagny, à qui le gouvernement a acheté la propriété intellectuelle de la plus petite puce alors sur la marché, en 2003. La première puce malaisienne est née en 2004 ; depuis, d’autres modèles ont vu le jour. Le pays voit un formidable potentiel dans cette petite puce, dont la propriété intellectuelle appartient désormais à la Malaisie, et qu’il peut vendre au monde entier, à un coût des plus bas : 0,0455 € !

Les Malaisiens utilisent aujourd’hui la technologie RFID pour les transports publics (métro de Kuala Lumpur et autoroutes) – et accessoirement pour l’emprunt de livres dans quelques bibliothèques du pays ! Dans le cadre de la rénovation complète du Musée National de Kuala Lumpur, un millier d’objets est en cours d’équipement avec des puces RFID.

Demain, cette technologie sera utilisée pour les certificats de mariage, les cartes de possession d’un véhicule, les billets de banques, les certificats halal, les documents confidentiels du gouvernement, les CD, DVD et VCD -pour combattre la contrefaçon, les tickets d’attente aux guichets des établissements publics-pour mesurer la performance du service rendu!!!, etc.